Frédéric Cottalorda, nouvellement nommé ministre des Finances et de l'Économie de Monaco, estime que la principauté a dépassé la phase de conception des réformes contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, et doit désormais prouver que ces réformes tiennent dans la durée. Cottalorda, qui a travaillé plus d'un an aux côtés de son prédécesseur Pierre-André Chiappori avant de reprendre le poste, qualifie sa nomination d'honneur et estime que cette période de transition lui a permis de prendre rapidement en main les dossiers techniques qui l'attendaient. Résumant le bilan des réformes du gouvernement, il déclare simplement : « Nous devons montrer que nos réformes produisent des résultats durables. »
Faire sortir Monaco de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI) reste la priorité absolue du gouvernement, et Cottalorda estime que la principauté a déjà traité presque tous les points figurant sur la liste du GAFI, laissant l'application des sanctions comme principale question en suspens. Il cite l'amende de six millions d'euros récemment infligée à UBS Monaco comme preuve que les sanctions prononcées par l'Autorité monégasque de sécurité financière, un organisme indépendant, produisent leurs effets, les qualifiant de proportionnées plutôt qu'excessives et destinées à rappeler aux professionnels du secteur financier que le non-respect des règles a un coût réel. Il tempère les attentes concernant la réunion plénière du GAFI prévue à Paris en juin, jugeant prématuré d'espérer une sortie et rappelant que la décision revient désormais au GAFI lui-même.
Sur le budget, Cottalorda présente son approche comme une manière de concilier la prudence et l'audace évoquées par le ministre d'État lors de la présentation du projet de budget 2026 en décembre. Alors que les recettes fiscales exceptionnelles issues des grands programmes immobiliers comme Mareterra et Testimonio touchent à leur fin, il indique que le gouvernement cherche à diversifier ses moteurs de croissance plutôt que de continuer à s'appuyer uniquement sur l'immobilier, le tourisme, les congrès d'affaires et la place financière. Le capital investissement figure parmi les pistes étudiées, un créneau qui a, selon lui, donné de bons résultats au Luxembourg et dans les îles Anglo-Normandes, aux côtés d'un projet de loi prévu pour 2027 destiné à renforcer la capacité de l'État à recouvrer les créances impayées.
Cottalorda répond également aux critiques du Conseil national sur les dépassements budgétaires, que le ministre d'État lui-même a qualifiés de triple échec, en assurant que les projets feront l'objet d'un suivi plus rigoureux et d'un cadrage plus précis avant leur lancement. Côté dépenses, il défend la hausse d'un pour cent des salaires et des pensions des fonctionnaires, une mesure de deux virgule quatre millions d'euros qu'il présente comme destinée à préserver le pouvoir d'achat face à l'inflation plutôt que comme un geste ponctuel, et indique que les services travaillent à assurer la pérennité financière de l'application Carlo, très appréciée du public, en rééquilibrant les frais techniques entre l'État et les professionnels participants.
Interrogé sur l'évolution des échanges commerciaux de Monaco, Cottalorda note que le commerce avec l'Union européenne hors France a reculé tandis que les échanges avec l'Asie ont progressé, une tendance qu'il relie à la recherche, par les entreprises comme par l'État, de marchés à plus forte croissance. Il indique également que le tourisme a bénéficié de visiteurs qui auraient pu, par le passé, privilégier les destinations du Golfe, dans un contexte d'instabilité régionale, et que la principauté n'exclut pas d'attirer de nouveaux résidents en quête de sécurité et de stabilité, tout en précisant que l'impact économique global des tensions au Moyen-Orient sur Monaco est resté jusqu'ici limité à la hausse du coût des carburants.

