L'Hermès Oran est un incontournable des étés européens depuis près de trente ans, et la saison 2026 ne l'a pas mis à la retraite, elle l'a plutôt recoloré. Les associations plus audacieuses de noir et orange de l'an dernier ont cédé la place à des tons beige et crème plus doux, ce genre de glissement discret de palette qui garde un modèle actuel sans demander à personne d'abandonner une chaussure dont il connaît déjà le confort.

Aux côtés de l'Oran, sur les mêmes terrasses de piscine cette année, on trouve des silhouettes à plateforme, Prada figurant parmi les maisons qui poussent ce style, une rupture avec la mule de plage plate qui a dominé la catégorie pendant la majeure partie de la dernière décennie. Les comptes rendus de la saison pointent également vers un mouvement plus large en faveur des couleurs saturées, le rouge, le jaune beurre et le vert profond figurant parmi les teintes les plus fréquemment observées.

Sur la Côte d'Azur en particulier, où le code vestimentaire d'un beach club dépasse rarement la tenue de plage chic, les sandales remplissent une double fonction qu'une chaussure plus habillée ne peut assurer : la même paire qui convient à une chaise longue dans un beach club privé doit aussi tenir la route au déjeuner qui suit, sans changement de chaussures. Cette double vocation explique en partie pourquoi un modèle comme l'Oran, suffisamment sobre pour les deux contextes, a survécu à tant de tendances de plage plus éphémères.

Rien de tout cela ne concerne vraiment une chaussure en particulier. C'est un rappel que la mode de plage sur la Riviera évolue par petites recolorations saisonnières plutôt que par réinventions complètes, les mêmes silhouettes revenant été après été dans une teinte légèrement différente, exactement le genre de mise à jour à faible risque qu'un club plein d'habitués, portant les mêmes marques que l'année précédente, tend à récompenser.