Olivier Pages occupe le poste de directeur des opérations et de second dirigeant effectif de CMB Monaco depuis décembre 2025, supervisant une transformation globale de la banque qui touche à la fois ses opérations, son organisation et sa technologie, avec pour objectif d'améliorer simultanément la performance, la résilience et la qualité de service plutôt que de traiter chaque volet séparément. Il a pris ce poste après avoir été directeur de l'innovation et chef de cabinet de la banque, des fonctions qui l'avaient déjà placé au cœur de la modernisation de CMB Monaco bien avant que son titre actuel ne vienne officialiser ce rôle.

Le volet technologique de cette transformation constitue véritablement une première pour la région. CMB Monaco est devenue la première banque d'Europe à adopter la combinaison de la plateforme bancaire Avaloq et du système Aladdin Wealth de BlackRock, associant ainsi une infrastructure bancaire centrale au même outil d'analyse des risques que BlackRock a conçu pour sa propre activité d'investissement institutionnel, une combinaison que peu de banques privées, où que ce soit, ont mise en œuvre conjointement.

Dans un entretien récent, Olivier Pages a expliqué que l'intelligence artificielle issue du partenariat avec BlackRock permet de condenser des rapports d'analyse denses en synthèses ciblées, directement exploitables par un banquier lors d'un rendez vous client, avec un objectif à plus long terme de détecter automatiquement les signaux faibles au sein d'un portefeuille, surexposition sectorielle ou risque de contrepartie émergent, avant qu'ils ne deviennent des problèmes visibles. Il a pris soin de délimiter précisément l'usage de cette technologie, en insistant sur le fait que le banquier reste aux commandes et que ces outils sont conçus pour renforcer le jugement humain, non pour s'y substituer.

Olivier Pages apporte à ce poste plus de dix huit ans d'expérience dans la banque privée, les services financiers et le conseil, fort d'un diplôme de l'EDHEC Business School et d'une certification en stratégie de rupture de la Harvard Business School, un parcours qui semble taillé précisément pour le type de conduite du changement qu'exige une modernisation de cette ampleur. Rompre avec les habitudes, selon sa propre formule pour décrire ce que réclame cette transformation, est plus facile à dire qu'à mettre en œuvre au sein d'une institution bâtie sur des décennies de banque relationnelle, et le pari de CMB Monaco est que la technologie ne fonctionne que si les banquiers qui l'utilisent restent convaincus qu'elle affine leur propre jugement plutôt qu'elle ne le remplace.