Saint-Jean-Cap-Ferrat se trouve à environ quinze minutes de Monte-Carlo en voiture, une presqu'île située entre Nice et Monaco devenue, pour la Riviera, ce qui se rapproche le plus d'une soupape de sécurité pour les acheteurs exclus de la principauté elle-même. La zone compte actuellement environ 160 propriétés de luxe, un chiffre modeste qui reflète la rareté de l'offre plutôt qu'un manque de demande.

Cette rareté est délibérée. Les restrictions d'urbanisme sur la presqu'île ont empêché tout développement immobilier significatif depuis des décennies, si bien que les villas disponibles aujourd'hui sont en grande partie le même parc immobilier qui existe depuis des années, changeant simplement de propriétaires plutôt que d'être remplacées ou divisées. Pour les acheteurs, cette rareté fonctionne un peu comme les deux kilomètres carrés de Monaco elle-même, avec toutefois plus de place pour aménager un jardin.

Ce que la presqu'île offre et que Monaco ne peut pas offrir, c'est l'espace. Les villas y comportent couramment des jardins privés, des piscines à débordement face à la mer, et le type de terrain qu'aucune somme d'argent ne permet actuellement d'acquérir à l'intérieur des frontières de Monaco, où presque chaque immeuble résidentiel est une tour verticale plutôt qu'une maison individuelle. La collection de villas du Grand-Hôtel du Cap-Ferrat, proposées en séjour plutôt qu'à la vente, donne une idée du standard sur lequel le marché privé se construit.

Villefranche-sur-Mer, sa voisine, avec son port coloré et un rythme plus tranquille que les grandes propriétés du Cap Ferrat, est devenue une sorte d'option de second rang dans le même rayon de quinze minutes, offrant la proximité des restaurants et des plages de Monaco sans les prix de Monaco ni la discrétion plus raréfiée du Cap Ferrat. Ensemble, les deux villes sont devenues, dans tous les sens du terme sauf sur le plan politique, les banlieues de Monaco.