Brune Poirson a rejoint le conseil d'administration de la Fondation Prince Albert II de Monaco, une nomination annoncée cette semaine qui apporte à la direction de la fondation une carrière partagée entre le gouvernement français et l'hôtellerie mondiale. Son arrivée ajoute une personnalité ayant vu la politique environnementale sous deux angles, en écrivant les règles depuis un ministère puis en les appliquant depuis une entreprise multinationale, à un conseil construit précisément autour de cette double perspective.

Entre 2017 et 2020, Brune Poirson a occupé le poste de secrétaire d'État française à la Transition écologique, fonction depuis laquelle elle a mené à son adoption la loi anti gaspillage pour une économie circulaire et représenté la France lors de négociations internationales sur le climat et la biodiversité. Cette loi a transformé la manière dont les entreprises françaises traitent tout, des plastiques à usage unique aux invendus, lui laissant un bilan législatif qui précède de plusieurs années son passage vers le secteur privé.

Elle occupe aujourd'hui le poste de directrice du développement durable chez Accor et siège au comité exécutif du groupe hôtelier, une fonction qui place sous sa responsabilité directe la stratégie environnementale et sociale d'environ cent dix pays. Piloter une politique de développement durable à cette échelle au sein de l'un des plus grands groupes hôteliers mondiaux relève d'une discipline différente de celle qui consiste à rédiger une législation nationale, et c'est bien la combinaison des deux que gagne le conseil de la fondation, plutôt que l'une ou l'autre séparément.

La Fondation Prince Albert II de Monaco a construit sa mission autour de la préservation de la santé de la planète et s'est montrée explicite quant à sa volonté d'impliquer davantage le secteur privé dans cet effort, ce qui fait du profil de Brune Poirson moins une coïncidence qu'un choix délibéré. Une administratrice ayant déjà piloté une stratégie de développement durable à l'échelle de l'ensemble du réseau international d'un grand groupe arrive avec une compréhension pratique de ce qu'exige réellement la mobilisation de capitaux privés et d'engagements d'entreprises, plutôt qu'une compréhension théorique.