Benoit de Juvigny, qui a consacré onze de ses vingt années dans la régulation des marchés financiers au poste de secrétaire général de l'Autorité des Marchés Financiers française, a rejoint le gendarme financier de Monaco, la Commission de Contrôle des Activités Financières. Sa nomination a été officialisée par l'ordonnance souveraine numéro 12 047, signée le 13 juillet 2026 et publiée le 24 juillet, pour un mandat courant jusqu'au 5 octobre 2027.

La carrière de De Juvigny à l'AMF a débuté avec sa nomination au poste de secrétaire général en décembre 2012, une fonction qui l'a placé au cœur de la supervision des marchés français pendant plus d'une décennie avant son arrivée à Monaco. Il rejoint au sein de la commission le président de la CCAF, Gerard Rameix, lui même ancien président de l'AMF, si bien que deux des figures dirigeantes de l'organisme partagent désormais une expérience directe à la tête du régulateur des marchés français avant de prendre leurs fonctions à Monaco.

Cette nomination s'inscrit dans une tendance que la principauté cultive délibérément ces dernières années, recruter des régulateurs chevronnés issus de juridictions voisines plus vastes pour composer les institutions chargées de la crédibilité financière de Monaco. Pour une principauté dont l'économie dépend largement de la confiance qu'on lui accorde pour gérer l'argent d'autrui, la composition de la CCAF n'est pas un détail administratif mineur, elle en constitue presque l'enjeu central.

Ni le parcours de De Juvigny ni celui de Rameix n'ont besoin d'être longuement présentés à quiconque suit la régulation financière européenne. Leur parcours commun confère au gendarme financier monégasque une mémoire institutionnelle, ainsi qu'un réseau de contacts au sein des cercles réglementaires français, qu'une commission composée uniquement de nominations monégasques mettrait beaucoup plus de temps à constituer par elle même.